Les vrais responsables des malheurs d’Haïti et de la pauvreté des Haïtiens (1ère partie)


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Haïti, officiellement la République d’Haïti, est un pays des Grandes Antilles occupant le tiers occidental de l’île d’Hispaniola, soit 27 750km2 environ. Sa capitale est Port-au-Prince. En 1790 la population de la colonie comprenait environ 500 000 habitants dont 38 360 d’origine européenne et 28 370 noirs libres, la plupart mulâtres. Aujourd’hui, Haïti compte environ 10 911 819 d’habitants. Haïti est le deuxième pays le plus peuplé des Caraïbes, juste derrière Cuba.
Haïti, un pays riche
Au cours d’une enquête, qui a duré dix mois, une équipe d’étudiantes et d’étudiants, de journalistes et de membres d’une radio communautaire, a fait des découvertes surprenantes :
• Près de 3,885 kilomètres carrés de territoire haïtien, soit 15 pour cent de tout le pays, sont déjà sous une licence de recherche, d’exploration ou d’exploitation, ou sont soumis à une convention contrôlée par des firmes américaines et canadiennes ;
• À elle seule, l’Eurasian Minerals, une des firmes en question, a prélevé 44,000 échantillons.
• La Newmont Mining, deuxième productrice d’or au monde et qui exploite la plus grande mine en Amérique, a largement investi auprès d’Eurasian. Elle envisage la possibilité d’exploiter au moins cinq sites miniers.
• L’ancien ministre haïtien de l’économie et des finances, Ronald Baudin, travaille aujourd’hui comme consultant pour la compagnie minière Newmont.
• Deux ministres haïtiens ont récemment signé avec Newmont et Eurasian un « protocole d’entente », selon lequel et en violation de la loi haïtienne les compagnies peuvent commencer le forage dans un des sites en exploration. Or, la loi haïtienne stipule qu’aucun forage ne peut être entrepris sans une convention minière.
• Équipée de quelques géologues et d’une poignée de véhicules, l’agence d’État, en l’occurrence le bureau des mines et de l’énergie, n’a pas les moyens de superviser les opérations de forage et de recherche, en cours au Nord du pays.
• Personne ne semble enclin à parler, aux communautés, de ce qui se passe dans le Nord et des ententes conclues derrière des portes closes.
Ruée vers l’or, d’un pays vers sa perte
Haïti est peut-être le « pays le plus pauvre des Amériques », mais cette nation est également assise sur une mine d’or.
Lors d’une déclaration de l’ancien premier ministre Laurent Salvador Lamothe, il a dit miser sur les richesses qui se trouvent dans les montagnes du Nord d’Haïti, pour sortir le pays de la pauvreté.
Mais, si le passé est garant de l’avenir, l’exploitation de l’or, de l’argent et du cuivre, cachés dans les montagnes, profitera principalement aux actionnaires étrangers, tout en défigurant un paysage déjà dénudé et fragile.
Haïti a peut-être quelque chose à gagner, mais elle a également beaucoup à perdre.
Alors qu’une poignée de cultivateurs gagnent cinq dollars américains par jour à construire des chemins miniers, et pendant que les journalistes parlent d’un ou deux sites de forage, une entreprise canadienne, Eurasian Minerals, accapare, discrètement et minutieusement, les permis d’exploration 53 pour être précis et conclut des ententes secrètes, vraisemblablement avec l’aide d’un ancien ministre de haut rang, aujourd’hui stipendié.
L’aubaine est si belle, pour les compagnies minières et tellement néfaste pour Haïti, que le directeur de l’agence nationale responsable des mines les avait dénoncées lors d’une entrevue exclusive avec un média haïtien, appelant son gouvernement à rectifier le tir :
« Je leur ai dit de laisser les minerais sous terre, les générations futures pourront les exploiter ».
« Les mines font partie du patrimoine national. Elles appartiennent à la population, elles n’appartiennent pas aux gens au pouvoir, même pas au propriétaire du terrain », ajoute l’ingénieur géologue Dieuseul Anglade, alors directeur du bureau des mines et de l’énergie.
Eurasian et son entreprise associée, Newmont Mining, deuxième productrice aurifère mondiale, ont foré illégalement, de connivence avec certains membres du gouvernement d’alors, dans le secteur de Lamielle, dans le Nord-Est du pays.
Il convient de noter que l’ex-président de la Raffinerie Dominicaine de Pétrole, Leopold Espaillat Nanita, avait expliqué que l’une des solutions possibles pour l’Etat haïtien de sortir de sa dette externe et pour résoudre les problèmes socio-économiques que connaissent les Haïtiens se trouvent dans les mines d’or et d’autres minéraux que possède le territoire voisin de la République Dominicaine.
Espaillat Nanita avait révélé que les études et les recherches géologiques réalisées sur le sol haïtien indiquent que cette nation possède avec la RD, le terrain aurifère non exploité le plus grand du monde. De même qu’il existe un minerai peu connu, l’iridium, utilisé dans la construction de navettes de l’espace et d’autres engins spatiaux. Ces deux ressources sont suffisantes pour alléger la « pauvre » vie des habitants d’Haïti.
Celui qui est également architecte, dénonce le fait que ces ressources soient peu connues à cause d’une conspiration des multinationales, qui prétendent enlever aux Haïtiens leurs richesses naturelles, principalement celles qui viennent des minerais qui abondent sur le territoire voisin.
Et aussi du pétrole :
Il a également étudié les gisements en hydrocarbures et en combustibles fossiles du sous-sol haïtien. « Nous avons relevé 20 sites pétrolifères », expliquait-il en 2008, assurant que les réserves pétrolifères d’Haïti étaient plus importantes que celles du Vénézuela. Une richesse qui augmente l’intérêt stratégique du pays. Pourquoi, dans ce cas, ces réserves ne sont-elles pas exploitées ? Pour Ginette Mathurin, « ces gisements sont déclarés réserves stratégiques des Etats-Unis d’Amérique. »