Les vrais responsables des malheurs d’Haïti et de la pauvreté des Haïtiens (3ème partie)


digicel haiti

Classée 149ème sur 179 pays, Haïti reste le pays le moins développé de l’hémisphère occidental. 78 pourcent de la population vit sous le seuil de pauvreté absolue et 56 pourcent dans une pauvreté extrême. La disparité économique est surélevée: plus de 80 pourcent de la richesse du pays est entre les mains des 20 pourcent de la population, tandis que les plus pauvres qui sont à peu près 45 pourcent de la population, n’ont pas même accès à 9 pourcent de la richesse. Plus de 40 pourcent de la population souffre d’insécurité alimentaire. Environ 380.000 enfants âgés de 6 à 11 ans ne fréquentent pas l’école. 72 pourcent des élèves de première année dans les zones rurales sont trop âgés; 38 pourcent des enfants entre 7 et 18 ans n’ont jamais été à l’école. La majorité des écoles sont dans un état de grave détérioration et sans infrastructure de base. Le coût de l’éducation demeure excessivement élevé par rapport au revenu de la famille. Tout cela, chers compatriotes, est pour vous dire que nos sœurs et nos frères en Haïti qui souvent laissent les zones rurales pour aller grossir les bidonvilles souffrent atrocement.
Pourquoi tant de souffrances ? Qu’est-ce qui pourrait être fait mais qui n’est pas fait ?
Si vous vous informez ces derniers temps, vous savez que le grand corps ne fonctionne pas. Ce n’est pas parce que le nombre de sénateurs nécessaires pour avoir une séance n’est pas suffisant. En dépit du stratagème de Mr. Privert surnommé ces jours-ci Mr. Pervers de rendre caduque le Sénat de la république en nommant certains de ses membres ministres, il y a, peut-on dire assez de sénateurs pour qu’il y ait quorum. Malheureusement, quand nos « prestigieux et honorables » sénateurs ne sont pas au palais national en train de manger avec Mr. Pervers, ils se rendent à la chambre haute. Ils ne s’y rendent pas pour remplir la tâche pour laquelle ils ont été élus mais plutôt comme des enfants affamés, ils vont manger à la « cantine » du sénat, donner des blagues et rentrent chez eux.
Le 28 mars dernier, notre ami Colbert Jean Baptiste avait publié ce qu’un député coûte au pays. Malheureusement nous n’avons pas pu trouver une liste similaire pour les sénateurs. Sachant que les sénateurs sont de plus hauts fonctionnaires que les députés, sachant aussi combien vous êtes intelligents, vous vous ferez sans ambages une idée du gros lot des membres du sénat. Voici ce qu’un député reçoit : salaire mensuel, 97 200 gourdes ; frais mensuels, 29 000 gourdes ; commission, 34 000 gourdes ; carte de téléphone, 10 000 gourdes ; carburant, 25 000 gourdes ; subvention pour achat de véhicule, $20 000 US ; résidence secondaire, 400 000 gourdes ; bureau de l’honorable député, entre 10 000 et 40 000 gourdes ; deux consultants, entre 50 000 et 60 000 gourdes ; fêtes champêtres de sa circonscription, 70 000 gourdes ; per diem, $600 US.
Savez-vous que 500 000 gourdes ont été données à chaque sénateur de la république à l’occasion de la fête des pâques pour acheter des poissons ? C’est triste quand on sait que beaucoup de nos frères et sœurs ne mangent que miraculeusement et meurent aux moindres maladies faute de soins de santé.
Petites comparaisons entre Haïti et la République Dominicaine
Que serait aujourd’hui la république voisine si elle était encore sous l’occupation haïtienne ? La même pauvreté ? Les mêmes corruptions ? Les mêmes sales images ? Le même mépris dans le monde ? Quand on va en République Dominicaine, on voit des autoroutes partout, des ponts suspendus, de grands hôtels et magasins, des compagnies américaines telles que Home Depot, Wendys, Apple Bees, Staples, Mc Donald, etc… Peut-être, on se demandera pourquoi notre pays est-il traité en fils de parents pauvres par les compagnies américaines. La réponse est simple: un millionnaire n’investit son argent que là où il y a Stabilité et Sécurité. A Saint Domingue, on trouve l’immeuble le plus haut de la Caraïbe, Torre Caney avec 39 étages. Il y la vie en République Dominicaine. Ce n’est pas sans raison que nos compatriotes acceptent d’être humiliés rien que pour avoir un aller mieux chez leur voisin. C’est une honte quand on se rappelle que les Dominicains étaient à un certain temps sous notre tutelle.
Que voulez-vous que les autres peuples pensent de nous ? Haïr nos semblables, les rendre malheureux et même leur ôter la vie est ce que nous autres Haïtiens faisons le mieux. L’intérêt personnel et mesquin prime sur celui de la communauté. Les gens placés pour diriger ne font que s’enrichir tandis que les gens qui les ont votés pataugent dans la crasse et dans la misère la plus affreuse. Ils sont sourds non seulement aux cris de la population, mais aussi, ils se tapent royalement de ce que les étrangers pensent d’Haïti et du traitement que leurs compatriotes reçoivent au Bahamas, à Naseau, en Guadeloupe, en République Dominicaine et ailleurs.

torre caney
La communauté internationale, est-elle la principale responsable des souffrances des Haïtiens ?
Nombreux sont les Haïtiens qui rendent la communauté internationale, particulièrement le Canada, la France et les Etats Unis responsable des malheurs d’Haïti et de la pauvreté des Haïtiens. Ils reprochent à la France de nous avoir fait payer une indemnité pour reconnaitre notre indépendance ; au Canada de s’allier toujours avec les Etats unis contre Haïti. Aux Etats Unis, ils reprochent certainement la fameuse déclaration de l’ancien Président Franklin D. Roosevelt : « Il faut constamment soulever les va-nu-pieds contre les gens à chaussures et mettre les gens à chaussures en état de s’entre-déchirer les uns les autres; c’est la seule façon pour nous (nous les américains) d’avoir une prédominance continue sur ce pays de nègres qui a conquis son indépendance par les armes. Ce qui est un mauvais exemple pour les 28 millions de Noirs d’Amérique. »
On compare souvent les traitements que nos compatriotes reçoivent quand ils foulent le sol d’un autre pays avec ceux que les nations reçoivent. Les Haïtiens pour la plupart sont de durs travailleurs et ont le sens de responsabilité. Je ne sais pas pour tout le monde vivant à l’étranger, partout où je travaille, je suis traité de façon égale et impartiale. Toujours est-il, si les Haïtiens sont traités en fils de parents pauvres comparativement aux Cubains, aux Dominicains ou aux Jamaïcains, nos dirigeants en sont responsables. Nous sommes un grand peuple venant d’un pays qu’on surnommait la perle des Antilles mais, malheureusement qui est dirigé par des « ranseurs », des « bétiseurs », des magouilleurs et des voleurs. Ces va-nu-pieds sont les principaux responsables des malheurs d’Haïti et de la pauvreté des Haïtiens
Rulio Oscar, le 20 avril 16