Castro, Fidel à ses convictions et à son pays



En sortant de la gym ce matin, je parlais à une amie à qui j’ai fait part de mon intention d’écrire un texte rendant hommage à Castro, le Fidel. Humoristiquement, mon amie m’a fait comprendre qu’il faut être fidèle pour écrire sur Castro. J’espère être non seulement à même mais aussi assez fidèle pour écrire sur ce grand homme, Fidel Castro, qui a dominé la deuxième partie du vingtième siècle.
Diplômé en droit à l’université de La Havane en dépit de son enfance compliquée, Fidel Alejandro Castro Ruz, ayant pris part à la lutte armée contre les dictatures d’Amérique du Sud, parvient à provoquer la fuite de Batista, le protégé des Etats Unis, et s’installe au pouvoir en janvier 1959. Pour avoir été la personne qu’on a le plus souvent tenté d’assassiner soit 638 fois, Fidel Castro est entré dans le Livre Guinness des records.
La meilleure façon de comprendre l’extraordinaire homme qu’était Fidel Castro, est dans le contexte de notre zone géographique ou d’Haïti. Quand nous commencions à étudier la géographie à l’école, les Antilles étaient parmi les premières notions que nous avions vues. Cuba, avions-nous étudié, est la plus grande île des grandes Antilles, vient ensuite l’île d’Haïti partagée entre la République d’Haïti à l’ouest et la République Dominicaine à l’est. Peut-être, dit-on, Cuba a une superficie de plus de 4 fois celle de notre pays et, de ce fait, on ne peut pas le comparer avec Haïti. Je n’en disconviens pas. Cependant, faudrait-il se rappeler que la seule partie ouest de Saint Domingue procurait à la France plus de richesses que toutes ses autres colonies réunies. En plus, le Qatar, classé comme le pays le plus riche du monde n’a une superficie que de 11 586 km2
Beaucoup de Cubains vivant aux Etats Unis ont eu maille à partir avec Fidel Castro. Ce qu’ils n’ont jamais compris peut-être, c’est que le bras de fer de Castro leur vaut plus de respect lorsqu’ils sont arrivés sur le territoire américain contrairement au traitement que les voisins haïtiens reçoivent. Cette comparaison peut être expliquée par le type de dirigeant qu’il y en Haïti et à Cuba. Dans notre pays, les rapaces se succèdent ignorant les souffrances du peuple qui est mal nourri et qui n’est pas instruit. A Cuba, l’investissement est fait dans l’agriculture, dans l’infrastructure et surtout dans l’éducation. Ce n’est pas sans raison que des jeunes de partout et même des Etats Unis qui ont imposé un embargo sur l’île depuis 1961 vont étudier la médecine à Cuba, sans tenir compte d’innombrables gens allant y prendre soin.
Aussi grand que soit mon support pour la démocratie et l’alternance politique dans tous les pays du monde entier, il m’arrive parfois de souhaiter qu’il y ait dans mon pays un dictateur progressiste comme Fidel Castro, qui se soucierait de l’agriculture, de l’infrastructure et de l’éducation. Nos frères et sœurs haïtiens ne seraient pas obligés de se rendre en quantité imposante au Brésil où ils ne sont plus les bienvenus. Ouais ! Du Brésil étant, ils ne seraient pas obligés de traverser la Bolivie jusqu’à la frontière du Pérou pour atteindre l’Equateur puis la Colombie affrontant les dangers de toutes sortes à travers des animaux sauvages, des forêts et des montagnes. De la Colombie, ils parcourent le Panama, ensuite le Costa Rica, le Nicaragua, le Honduras, le Guatemala pour finalement fouler le sol du Mexique dans le seul espoir d’aller trouver aux Etats Unis une vie meilleure que leurs dirigeants n’ont pas su leur donner. Ils pourraient choisir de rester travailler chez eux visitant à volonté d’autres pays.
Hommage à Fidel Castro, ce grand homme qui a défié non seulement l’embargo injuste et criminel des Américains, mais les 638 tentatives d’assassinat de la CIA. Que son âme repose en paix !

Rulio Oscar, le 26 novembre 2016 dans les Amis du Savoir et des Connaissances