Dire sans faire et faire sans dire



Dire sans faire et faire sans dire est souvent énoncé par les gens qui prêchent la parole du Seigneur rien que pour tracer un parallèle entre Dieu qui agit jour et nuit pour pourvoir aux besoins de Ses enfants et les hommes qui font des promesses qu’ils ne peuvent pas tenir.
Ce matin, j’ai écouté président Barack Obama, au cours d’une interview qu’il a eue avec Fareed Zakaria de CNN, dire et je cite : « The situation in Syria keeps me up at night a lot. » En d’autres termes, Je ne dors pas la nuit à cause de la situation en Syrie.
La Syrie est un pays divisé et déchiré par ses fils. À part de nombreux groupuscules ethniques, on a une bonne partie du pays occupée par Bashar al-Assad d’un côté et d’un autre côté, l’autre portion du pays dont la ville d’Alep (Aleppo) située au nord-ouest et disputée en autre par le régime syrien, mais aussi par les rebelles et l’ISIS.
Selon le Syrian Centre for Policy Research (SCPR) ,525.000 sont morts pendant ces six dernières années de guerre civile. Parmi les 525.000 morts comptabilisées, 435.000 sont dues à des violences directes, et les 90.000 autres au manque de nourriture, d’eau et aux maladies diverses liées à un manque d’infrastructures de santé. Après la dévastation de 15% de la population totale du pays qui aurait été blessée ou tuée dans le conflit, l’espérance de vie a chuté de 70 ans en 2010 à 50 ans en 2016. La situation est triste quand on regarde des enfants innocents devant des maisons en ruines et des jeunes cachés dans des bâtiments délabrés postant des vidéos contenant des messages d’adieu parce que tout simplement ils ne savent pas s’ils verront les prochaines minutes, voire les prochaines heures.
Je sais que beaucoup sont ceux qui ont toujours critiqué les interventions américaines dans certains pays. Dans bien des cas, je ne suis pas l’exception qui confirme la règle. Cependant, en tant que quelqu’un qui évolue avec le temps et les circonstances contrairement à certaines autres personnes qui voient le monde comme étant bon ou mauvais ou encore noir ou blanc, j’ai été et suis encore en faveur de certaines interventions américaines dans le monde.
On peut ne pas avoir pris naissance dans un même pays, la couleur de notre peau peut bien être différente, on peut ne pas parler la même langue, mais on est tous humains qu’on soit chrétien ou musulman ; noir, jaune ou blanc. Alors, quand nous voyons des forces ténébreuses larguer à longueur de journée des bombes sur des personnes innocentes y compris des enfants et même des bébés, ça fait sur nous le même effet, que les victimes eussent été africaines, européennes, américaines ou asiatiques.
L’utilisation de la force contre Bashar al-Assad 4 ans de cela, aurait peut-être sauvé des centaines de milliers de vies syriennes. En 2012, président Barack Obama a donné un ultimatum au président de la Syrie lui disant que l’utilisation des armes chimiques contre son peuple aurait eu des conséquences militaires. Des preuves palpables ont démontré que Bashar al-Assad a fait usage des armes chimiques contre des Syriens, les rebelles en particulier.
L’inaction de Barack Obama a occasionné l’action de Vladimir Poutine qui a déployé des forces militaires en Syrie et aidé le régime de Bashar al-Assad à terroriser son peuple, particulièrement les habitants d’Alep qui se trouve, comme nous le disions tantôt entre les fiefs des rebelles et l’ISIS.
Considérant la dévastation d’Alep et le nombre de personnes qui y sont tuées par les forces russes et le régime de Bashar al-Assad, il y a lieu de dire que je ne pardonnerai jamais au président américain Barack Obama pour avoir dit sans faire alors qu’il aurait été mieux, dans ce cas particulier, de faire sans dire. Président Barack Obama, si la situation en Syrie vous tient en éveil la nuit, vous ne faites que payer pour votre inaction contre Bashar al-Assad 4 ans de cela.

Rulio Oscar, le 15 décembre 2016 dans les Amis du Savoir et des Connaissances