Je suis offusqué !



Comme tous les humains peut-être, devant un duel entre un extra-terrestre et un habitant de ma planète, je choisirai, si je peux, de défendre l’habitant de la terre. J’espère que les membres des Amis du savoir et des Connaissances ne m’en voudront pas si je dis que devant un danger imminent, je choisirais de sauver d’abord ma famille, viennent ensuite mes amis, mes compatriotes, les noirs en général, les américains puisque je suis aussi américain. Le choix de ces gens que je protégerais et défendrais est dans l’ordre d’importance et, je le fais au nom du sentiment d’appartenance.
Une injustice faite à un noir, est une injustice faite à tous les noirs.
La solidarité est un concept que tout le monde comprend. Quand un bandit viole sexuellement une femme, ça peine toutes les femmes. Le vol, le pillage et la corruption en Haïti tandis que nos frères et sœurs ont toutes les peines du monde à pouvoir manger même une fois par jour, nous concernent tous. Quand des assassins abattent des femmes et des hommes dans les rues de Port-au-Prince, ça nous révolte la conscience. Quand les français et le reste du monde changeaient leur photo de profile suite à des actes terroristes perpétrés sur des citoyens paisibles ou quand ils affichaient des pancartes disant « Je suis Charlie Hebdo », ils l’avaient fait, nous l’avions fait, devais-je plutôt dire, au nom de la solidarité. Tout en étant une personne solidaire, j’ai horreur de la complaisance. Ce n’est pas sans raison que celles et ceux que j’aime le plus vous diront que je suis le plus sévère et même parfois le plus intransigeant.
Il se peut que jusqu’ici, vous vous demandiez ce que je veux insinuer en disant que je suis offusqué. Vivant aux Etats Unis depuis tantôt 16 ans et comprenant assez la société américaine, j’ai souvent dénoncé à travers de nombreux articles que j’ai écrits, les injustices que subissent les noirs par des policiers et des juges blancs.
En dépit de certaines erreurs que je reproche au premier président noir des Etats Unis Barack Obama, j’estime qu’il est l’un des plus grands hommes politiques du pays à l’heure actuelle et l’un des présidents les plus compétents de toute l’histoire américaine. Pourtant, à cause de la couleur de sa peau, il est le président le moins respecté de ce putain pays de blancs.
Hier matin, en surfant sur internet, je suis tombé sur un article intitulé : Why I am ready for President Barack Obama to leave the White House » « Pourquoi je suis impatient à l’idée que le Président Barack Obama finisse son mandat »
Permettez, Mesdemoiselles, Mesdames et Messieurs que je colle le paragraphe avec lequel l’auteur a fini son article: « I’m tired of seeing President Obama blatantly disrespected, and my soul is weary from having to see him grin and bear it. I’m ready for President Obama to be free from the burden of having to perform for white supremacy—and I’m ready to be free from the burden of having to watch him do it.”
« Je suis fatigué de voir des gens manquer ouvertement de respect au président Obama et mon âme est lasse d’avoir à le voir sourire et supporter ces dénigrements et injures. Je ne peux plus attendre qu’il se libère du fardeau d’avoir à performer pour la suprématie blanche, et je suis impatient à l’idée que moi aussi, je sois libéré du fardeau d’avoir à le regarder faire. »
J’ai le cœur gros moi aussi d’être témoin oculaire et auriculaire des insultes que des blancs médiocres du parti républicain infligent de façon régulière à l’homme humble et modeste qu’est le président Obama. Que de fois, je me demande ce qu’il fait pour avoir mérité toutes ces peines que les énergumènes républicaines lui causent. Il n’y a pas de doute que vous aussi, vous serez offusqués après avoir lu les humiliations et les injures que le 44ème président a essuyées à cause tout simple de la couleur de sa peau.
a. Deux ans après que Hawaii devint un des états américains, Barack Obama a pris naissance dans cet état le 4 août 1961. Ce qui a fait de lui un américain d’origine. Souvenez-vous des ignorants républicains dont Donald J. Trump qui disaient que le président n’est pas américain ?
b. En 2009, au cours d’une session jointe des deux chambres, tandis que le président s’adressa à l’Assemblée, un député républicain répondant au nom de Joe Wilson de la Caroline du Sud cria à gorge déployée : « Vous mentez ! »
c. En 2012, en voyage dans l’état d’Arizona, le gouverneur d’alors Jen Brewer osa pointer son doigt sale et nauséabond au visage du président.
d. A propos de Barack Obama, l’ancien maire de New York l’homophobe Rudy Giuliani eut à dire que le président n’aime pas les Etats Unis et encore moins les Américains.
e. Quelques jours de cela, Donald Trump a déclaré haut et fort que le président est le fondateur du groupe terroriste ISIS qui tuent et décapitent toutes celles et tous ceux qu’il rencontre sur son chemin.
f. Ce même ingénu, nullard, baudet, cet âne bâté Donald J. Trump a osé dire que Barack Obama est le président le plus ignorant que les Etats Unis n’aient jamais connu.
S’il fallait, chers amis que nous continuions d’énumérer les injures, les unes plus graves que les autres, les membres des Amis du Savoir et des Connaissances ayant horreur de longs textes me couperaient la tête. Croyez-moi, elles sont légions.
Au nom de la solidarité à la race noir et au sentiment d’appartenance, au nom de l’intellectualisme, je suis blessé, scandalisé, troublé ; oui, je suis offusqué par l’affront, l’avilissement et la dégradation que les demi-hommes républicains infligent au 44ème président américain à cause de la couleur de sa peau.

Rulio Oscar, le 14 août 2016 dans les Amis du Savoir et des Connaissances