Qui brûle et qui brise ?



Avec une attention soutenue et sans paresse intellectuelle, je viens de lire sur Caraïbes FM un long mais intéressant texte du Dr. Jean Ford G. Figaro intitulé « Brûler et briser : nouvelle stratégie de luttes électorales en Haïti. »
Sur une liste de 187 pays établie selon l’Indice de développement humain du Programme des Nations Unies pour le développement (Pnud), Haïti occupe la 168ème place. En effet, la situation d’Haïti que ce soit au niveau éducationnel, au niveau infrastructurel et même au niveau alimentaire est exécrable. Quotidiennement, La majorité de nos frères et sœurs qui souffre affreusement du manque de tout, lutte du bec et des ongles pour survivre.
La constitution de notre pays reconnait aux Haïtiens le droit de s’établir et de gagner leur vie partout en Haïti, le droit à la vie, à la liberté et à la sécurité de sa personne, le droit à l’égalité pour tous, etc… L’État haïtien a l’obligation morale d’œuvrer pour le respect de ces libertés et garanties fondamentales consacrées par la Constitution. Ainsi, descendre dans les rues et protester pacifiquement contre la violation ou la privation de ces droits fondamentaux, à mon avis, serait juste. Malheureusement, je n’ai jamais entendu à la radio ou lu quelque part que nos compatriotes étaient dans les rues de la capitale et/ou de nos villes de province manifestant en faveur de la création d’emploi, de la construction d’écoles et de routes, d’un meilleur rationnement d’électricité. Pourtant, s’agissant de se livrer à des batailles qui ne sont pas les leurs, ils brûlent et brisent tout ce qu’ils trouvent sur leur passage projetant dans le monde l’image la plus hideuse du pays.
Aujourd’hui, mesdames et messieurs, est la date fixée par le conseil électoral provisoire pour publier les résultats de la présidentielle du 20 novembre. Tôt ce matin, selon des sources concordantes, des pneus usagés érigés non encore allumés étaient remarqués dans certains coins de la capitale. En effet, nos concitoyens sont dans l’attente des résultats pour investir les rues au nom de qui ou de quoi ?
Depuis notre indépendance en tant que peuple, je doute fort que ma mémoire soit assez fidèle pour me rappeler d’un gouvernement qui est en faveur du peuple. De Dessalines, on dit qu’il questionnait l’avarie de certains de ses proches en voulant s’accaparer de tous les biens du pays nouvellement indépendant en disant et nous citons : « Les noirs, dont les pères sont en Afrique, n’auront-ils rien ? » De Dumarsais Estimé, on dit que les produits alimentaires n’étaient pas trop chers sous son gouvernement. Qu’il s’agisse de mulâtres ou de noirs aux cheveux crépus, les hommes voulant être présidents n’ont eu que leurs propres intérêts à défendre, jamais ceux du peuple. Souvent, ils se servent d’un discours populiste rien que pour duper la masse qui les prend pour des dieux. Arrivés au pouvoir, ils s’enrichissent avec leur famille et leurs amis tandis que les souffrances et la misère du peuple continuent. C’est à cette même masse qu’ils intiment l’ordre d’occuper les rues en brûlant et en brisant les ressources du pays déjà faibles quand les résultats des élections ne vont pas en leur faveur.
Je ne pense pas que ce soit la première fois que je cite Montesquieu qui disait : « Les peuples ont le gouvernement qu’ils méritent. » Les politiciens, dans le contexte actuel les candidats, n’ont qu’un seul rêve, celui que leurs prédécesseurs ont eu : prendre le pouvoir pour s’enrichir illicitement. Bien qu’ils sachent qu’ils n’ont rien fait pour mériter la confiance de la population, quand ils échouent, ils demandent aux naïfs et aux imbéciles d’aller incendier le pays.
Parents, amis et compatriotes haïtiens, je formule le souhait que vous ne répondiez pas aux appels de ces vagabonds, de ces politiciens véreux. Si vous choisissez par contre de les suivre comme des petits chiens, Je ne vais pas vous empêcher de le faire. Ce que vous devez savoir cependant, en allant brûler et briser les propriétés des gens de bien, vous creusez votre propre tombeau car, les assoiffés de pouvoir n’ont jamais besoin de vous. Ils vous utilisent seulement pour leurs sales opérations et leurs macabres plans. Prouvez, frères et sœurs de la patrie bien aimée que vous n’êtes pas achetables. Oui, montrez au monde que vous êtes mûris et que vous refusez d’afficher cette laideur qui nous écœure en tant que filles et fils de ce pays qui a cessé d’être la perle des Antilles à cause de ces bons à rien.

Rulio Oscar, le 28 novembre 2016 dans les Amis du Savoir et des Connaissances